Il ne suffit pas de supprimer le tirage au sort

Au lendemain de la première réunion du groupe de travail STAPS du 13 septembre 2017, au cours de laquelle des points de vue divergents ont pu s’exprimer, il nous semble nécessaire de préciser les positions de la C3D STAPS. Il nous apparaît de manière claire que le problème ne saurait se limiter à la suppression du tirage au sort et à son remplacement par une analyse des dossiers des candidats, quelle qu’en soit la nature. Il faut au préalable poser le cadre politique dans lequel une telle évolution des procédures d’entrée à l’université pourrait s’opérer. Lire la suite

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« Je trouve ce tirage au sort injuste… »

Derrière les statistiques froides d’APB, le satisfecit de ne comptabiliser « que » 6000 lycéens sans affectation, il y a des gens, des trajectoires de vie, des projets brisés. Nous avons reçu cet été des centaines de messages désespérés. Je trouve utile d’en dévoiler quelques extraits, pour mettre un peu de chair dans un débat qui pourrait demeurer technocratique. Petit florilège…

« Je trouve ce tirage au sort injuste car je sais que des personnes ont choisi cette voie par défaut ou sans conviction tandis que des personnes comme moi ayant toujours voulu faire ce parcours, je me retrouve sans rien. Je ferai tout pour intégrer cette 1ère année qui me tient à cœur, aussi je vous demande un rendez-vous. Je sais que des personnes à la rentrée ne seront pas inscrite ou n’assisteront pas au cours, aussi je souhaiterais pouvoir m’inscrire en cas de désistement ».

« Je me permets de venir vers vous par désespoir. En effet, nous sommes dans une attente insupportable d’une place en première année de STAPS pour mon fils dans votre université. Je vous joins le courrier déjà adressé ainsi que la recommandation de son club. Habitant Montpellier, c’est la seule possibilité pour lui de pouvoir envisager ce cursus, dont il parle depuis son enfance, car mes moyens ne me permettent pas d’envisager de lui  payer un logement ailleurs ».

« J’ai eu mon bac scientifique avec mention AB. Je suis passionné de sport. Je désirerais intégrer votre université car j’aimerais devenir professeur d’EPS. J’ai cette ambition depuis toujours et je n’envisage pas de faire autre chose que partager ma passion de tous les sports ainsi que la dimension sociale qui gravite autour. […] Cependant, je suis malheureusement sur la  liste d’attente ».

« Etant toujours en liste d’attente pour la licence STAPS, je vous demande un rendez-vous afin de vous présenter ma motivation pour intégrer cette 1ère année. Malheureusement je ne suis prise dans aucun de mes vœux […]. Ma sœur vient de valider sa licence au sein de votre établissement et rentre en Master 1 ».

« Je ne conçois pas ma vie sans sport ou tout métier relatif au sport, je suis sportive dans l’âme, nageuse niveau N2, course à pied, trail, … et j’aimerais pouvoir faire partager ma passion autour de moi. En effet je fais de la natation depuis plus de 10 ans. Pour l’été je travaille en qualité de surveillant de baignade sur *** car je suis titulaire du BNSSA »

« Comme vous pouvez le comprendre, je n’ai pas été admis via le portail d’admission Post-Bac dans votre UFR. Ce refus fut une véritable déception étant un amoureux du sport dans sa pratique mais aussi dans son étude et son apprentissage. Je suis titulaire d’un Baccalauréat ES, je pratique le sport au quotidien depuis des années […]. Intégrer votre UFR est nécessaire à mon projet professionnel car cela me permettrait de vivre de ma passion ».

« Sportive depuis mon plus jeune âge, je suis à la recherche d’un travail dynamique, où l’esprit d’équipe prime et où l’on peut avoir un contact direct avec les personnes en difficultés tant au niveau moteur que psychologique. J’ai finalement trouvé la profession qui combine mes deux domaines de prédilections soit entraîneur en Activités Physiques et Sportives Adaptées. C’est pourquoi je projette depuis plusieurs mois maintenant d’obtenir une place en L1 STAPS, pour par la suite choisir la filière APA-S et mener à bien mon projet professionnel ».

« Je me permets de vous recontacter pour vous exprimer mes incertitudes et mon désespoir concernant ma future année scolaire et mon avenir. En effet, je n’ai pas été sélectionné par APB pour intégrer votre université. Les trois tirages au sort ont été pour moi des épreuves très dures à traverser et laissent en moi un grand sentiment d’injustice. […] Vous ne pouvez imaginer mon état actuel, en effet d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité intégrer votre faculté afin d’exercer un métier ayant trait à ma grande passion: le sport ».

« Je me permets de vous écrire cette lettre car je suis profondément déçu et amer après avoir appris qu’aucun de mes quatre vœux dans des universités de STAPS n‘a été retenu. Je suis en liste d’attente dans chaque vœu. Et je me vois donc réduit à effectuer une licence de mathématiques à ***. Malgré toute ma bonne volonté, je suis convaincu que cette licence ne me sera pas profitable. Et j’ai déjà le sentiment de m’engager dans une année perdue ».

« J’ai appris qu’un de mes camarades de classe de terminale qui avait été accepté en STAPS sur la plateforme APB, a finalement renoncé à sa place pour intégrer une école de kinésithérapie en Espagne, j’ai espoir que d’autres places se libèrent aussi et me permettent d’intégrer votre université ».

« Je viens d’avoir mon baccalauréat scientifique et je souhaite désormais continuer mes études à la faculté des sciences et techniques des activités physiques et sportives, mais à ce jour, après les différents tirages au sort je reste en attente de place. C’est pourquoi très inquiet pour mon avenir, je me permets de vous écrire ce courrier car je ne suis attiré par aucune autre filière et mon choix de vœu sur APB pour STAPS n’est pas un clic hasardeux ».

« J’ai 17 ans, j’ai obtenu mon bac avec mention bien cette année. Je n’ai malheureusement pas été sélectionné au tirage au sort de STAPS et je me vois contrainte de modifier mes projets professionnels qui me tiennent à cœur. J’ai pour ambition de me spécialiser dans les activités physiques adaptées et santé afin de travailler auprès des enfants handicapés ou souffrant d’obésité. Je n’envisage pas d’autres alternatives car sans passion et sans intérêt pour les disciplines étudiées, je ne vois pas d’épanouissement personnel et je n’imagine pas de réussite professionnelle sur le long terme ».

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STAPS : une rentrée sous tension

La rentrée universitaire en STAPS ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Il va déjà falloir accompagner le plus humainement possible les déçus d’APB. Nous avons reçu tout l’été des messages de lycéens désespérés de n’avoir pas été retenus par le tirage au sort. Bien sûr, ces lycéens ont le plus souvent obtenu une place quelque part, et ne rentrent donc pas dans les statistiques des candidats sans proposition. Mais quand on n’envisageait pas autre chose que les STAPS et que l’on n’est accepté que dans son 15ème vœu, dans une filière que l’on avait ajoutée par défaut, on ne peut pas dire que l’on commence dans l’euphorie ses études universitaires.

Il faudra ensuite faire face aux effectifs pléthoriques, en tentant d’offrir aux heureux élus toutes les chances de réussir leurs études, malgré les difficultés à trouver des salles et des installations sportives, malgré des emplois du temps acrobatiques. Et l’on sait déjà que pour de nombreux étudiants peu préparés aux études universitaires et à leurs exigences, ce sera le décrochage et l’échec… Lire la suite

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Les STAPS pour les nuls, et surtout pour les journalistes

Beaucoup d’émissions ont été consacrées ces derniers temps aux STAPS, suite à la troisième vague d’APB. Comme d’habitude, les poncifs et lieux communs fleurissent[1]. Une petite mise au point à destination des journalistes.

Non, les STAPS ne forment pas que des « professeurs de sport ». Pas plus que les facultés d’économie ne forment des professeurs d’économie ou les facultés des sciences des professeurs de SVT. C’était vrai dans les années 70. Depuis, les STAPS ont largement différencié leurs formations et leurs débouchés, vers tous les métiers du sport et de l’activité physique : le sport de performance, le coaching sportif, le sport-santé, le tourisme sportif, les produits et services sportifs, l’événementiel, etc. Le métier de professeur d’EPS dans les collèges et lycées ne concerne qu’une minorité d’étudiants. On se souvient de la sortie ridicule de Nicolas Sarkozy en 2007 : « les STAPS, 10000 étudiants à l’entrée, 400 postes à la sortie ». Vous n’êtes pas obligés de tomber dans de telles outrances, ni d’y croire. Lire la suite

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1984 – 2nde Option ASS – Lycée Talma de Brunoy

Tout ce que j’ai pu dire et écrire sur l’EPS, c’est ce groupe d’élèves qui me l’a inspiré…

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Prérequis à l’entrée à l’université: orientations politiques et éthiques de la C3D

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La question des prérequis à l’entrée en licence va s’inscrire de manière prégnante dans le débat universitaire. Le recours massif au tirage au sort dans certaines disciplines, jugé inacceptable par l’opinion publique, les positions prises par la Conférence des Présidents d’Université et par plusieurs Conférences disciplinaires laissent à penser qu’un certain nombre d’acteurs majeurs du système universitaire sont prêts à engager une réflexion de fond pour dépasser la situation actuelle. On peut également rappeler que cette question des prérequis était l’un des thèmes de campagne du Président de la République, qui avait notamment affirmé que « pour remédier au fort taux d’échec des étudiants en cursus de licence, chaque université aura vocation à préciser en toute transparence les prérequis de chacune des formations qu’elle propose dans le cadre d’un contrat de réussite conclu entre l’étudiant et l’établissement ».

Revenir aux principes politiques et éthiques

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a engagé lors de son dernier séminaire un débat à ce sujet. Il s’agit pour la C3D d’apporter une réponse politique et pédagogique à ces questions, en tentant de dépasser l’approche administrative et technique qui tendait à prévaloir jusqu’à présent. En clair, il ne s’agit plus de limiter les effets néfastes du tirage au sort mais bien de le dépasser. Plutôt que de replâtrer un dispositif qui fait eau de toutes parts, il paraît nécessaire de repenser le problème en édictant quelques incontournables principes politiques et éthiques. Lire la suite

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APB: Mieux vaut être candidat à la PACES à Paris que candidat en STAPS en province…

Nous apprenons donc qu’en 24 heures le ministère a résolu le problème du tirage au sort en PACES dans les universités d’Île-de-France. Je cite la dépêche parue sur Educpros: « Devant l’incompréhension et la détresse des 857 candidats et de leur entourage, largement relayées sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi les résultats de la phase 1 d’APB, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a décidé de réagir rapidement.

Vendredi 9 juin, en fin de matinée, les doyens de médecine des sept universités d’Île-de-France concernées se sont réunis au ministère pour trouver une solution. Résultat : « tous les candidats relevant du secteur géographique d’Île-de-France et ayant placé PACES en vœu 1 absolu se verront proposer une place en PACES le 26 juin, lors de la phase 2 d’Admission-postbac« , a confirmé le ministère via un communiqué.

Félicitations. A l’UFR STAPS de Montpellier nous pouvons  offrir 550 places pour 1200 demandes en premier vœu académique. Depuis deux jours je commence à recevoir mails et appels téléphoniques de candidats refoulés par la première vague de tirage au sort. Au niveau national c’est un peu moins de 17000 places qui pourront être offertes aux 33000 lycéens qui ont placé la Licence STAPS en premier vœu académique. Visiblement cette situation ne provoque guère d’émoi. Mieux vaut être candidat à la PACES à Paris que candidat en STAPS en province…

Et les 100 millions d’euros débloqués par Thierry Mandon voici quelques mois pour les « filières en tension » et dont les STAPS (pourtant seule filière officiellement en tension) n’ont jamais vu la couleur? Ils ont été fléchés sur des filières plus prestigieuses?

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