Les amours de l’expérimentateur

« Les théoriciens font des expériences dans leur tête ; les expérimentateurs, eux, doivent en plus se servir de leurs mains. Les théoriciens sont des penseurs, les expérimentateurs des artisans. Le théoricien n’a pas besoin de complices ; l’expérimentateur doit réunir des étudiants en thèse, cajoler les techniciens, flatter les assistants de labo. Le théoricien travaille dans un endroit idéal, à l’abri du bruit, des vibrations, de la poussière. L’expérimentateur, lui, vit dans l’intimité de la matière comme un sculpteur avec son argile, luttant avec elle pour la façonner, l ‘apprivoiser. Le théoricien invente ses propres compagnons, comme un naïf Roméo inventerait sa Juliette idéale. Les amours de l’expérimentateur, elles, transpirent, se plaignent, et pètent. »

Gleick, La théorie du Chaos.

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