Inscriptions à l’université : tout va bien, rien à signaler…

Le discours officiel est clair : la plateforme Admission Post-Bac, suite à une série d’aménagements récents (vœux groupés, obligation de placer un vœu sur une licence « libre ») a permis de réduire la tension à l’entrée à l’université. Mais sur le terrain on ne voit guère poindre cette amélioration. Ainsi à l’UFR STAPS de Montpellier c’est plusieurs centaines de lycéens de l’académie, ayant positionné STAPS en vœu 1, qui vont se retrouver au bord du chemin au terme des tirages au sort. Quant aux candidats venant des autres académies, même pas la peine d’y penser…

Dans l’ensemble des académies, les recteurs commencent à négocier avec les universités un accroissement des capacités d’accueil, sans le plus souvent que soit envisagé l’octroi de moyens supplémentaires. On peut évidemment dire que l’émoi des amphis surchargés ne renvoie qu’à une période transitoire, qu’après quelques semaines un certain nombre d’étudiants déserte les travées et que l’on revient à une situation « normale ». Il faut un certain cynisme pour ainsi parier sur ces abandons précoces, quand on connaît le coût financier, social, et personnel de ces engagements avortés. Gestion des flux par l’échec, au plus haut niveau de l’administration…

Les étudiants sont traités comme du bétail. Entassés dans des locaux sous-dimensionnés, apaisés par des bourses qui n’ont plus d’étude que le nom, menés au fil des semestres tels les troupeaux vers l’abattoir. Les cérémonies de remise de diplômes qui se tiennent en cette fin d’année n’évoquent qu’occasionnellement tout ceux qui ont échoué en cours de route, dupés par des espoirs fallacieusement entretenus, laminés par un système qui ne peut prêter attention à chacun. Félicitations aux survivants. Mais quand on est quotidiennement au contact de la masse des étudiants qui ont voulu tenter l’expérience de l’université, on ne peut qu’être atterré par l’ampleur des dégâts.

Les études universitaires reposent sur quelques principes certes généreux, mais qui supposent des moyens dont l’enseignement supérieur ne dispose pas : l’accès de tout bachelier à la filière universitaire de son choix, l’absence de toute sélection, jusqu’au master,… Ne pas s’étonner dès lors des dérives du système. Les jurys de première année de Licence, c’est Omaha Beach. Les survivants de la première vague doivent évacuer la plage pour laisser de la place pour la suivante. Soit les enseignants font preuve de mansuétude, soit ils sont amenés à décourager les étudiants de poursuivre dans la voie qu’ils avaient choisie. A d’autres niveaux, on peut prévoir que les jurys organiseront par l’échec la prise en compte de pré-requis que le ministère persiste à leur refuser.

Les formations universitaires deviennent méprisables. Non pas qu’elles aient perdu leur excellence, que leur adossement à la recherche, qui est la spécificité de l’Université, ait perdu de sa qualité. Elle sont méprisables parce qu’elles ne sont plus précieuses. Parce qu’elles ne sont plus conçues comme méritées.

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