La distribution sociale des disciplines universitaires

Un article du Monde a récemment rendu compte de données publiées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, concernant les origines sociales des étudiants[1]. On y apprend notamment que la massification de l’enseignement supérieur de ces dernières années a principalement été absorbée par l’université. Ce qui ne surprendra personne, dans le débat actuel sur les disciplines en tension et la problématique de l’accès à l’université. Je me centre ici sur les informations concernant les formations universitaires. La figure suivante résume la distribution sociale des disciplines, en fonction de la catégorie socio-professionnelle des parents.

La courbe noire (pointillée) représente la distribution moyenne des étudiants de l’université. On peut noter la surreprésentation des cadres et professions intellectuelles supérieures, montrant que la démocratisation de l’université reste un objectif lointain…

Les autres courbes révèlent des différences notables entre disciplines. Les étudiants de Droit et de Sciences s’ajustent assez bien sur la moyenne. On peut les qualifier de « disciplines standard ». Mais on voit que pour les étudiants de Santé, la surreprésentation des catégories supérieures devient écrasante, au détriment des autres tranches de la population. On est ici sur un type de formation fortement distinctive, au profil proche par exemple de celui des classes préparatoires.

Un dernier groupe est constitué des Sciences Economiques, des Arts, Lettres, Langues et SHS, et des STAPS, qui semblent moins attractifs pour les catégories supérieures, mais attirent les plus forts pourcentages de candidats issus des professions intermédiaires, employés et ouvriers. Les STAPS présentent par ailleurs les plus forts pourcentages dans ces trois catégories. Je ne peux que me réjouir de ce constat. Il correspond au souhait que la C3D STAPS a exprimé lors de la concertation sociale sur l’accès à l’université, de préserver et cultiver la mixité sociale des promotions d’étudiants. Le système d’attendus que nous avons mis en place permettra sans doute de parfaire cette tendance.

Si l’on veut briser les « plafonds de verre » qui freinent la démocratisation de l’enseignement supérieur, il serait sans doute intéressant de réfléchir sur ces attractivités différenciées des disciplines de l’université. Notamment si l’on commence à penser les performances du Supérieur en termes de valeur ajoutée. Comment attirer à l’université des lycéens qui spontanément n’en n’ont pas le projet, principalement sur la base de déterminismes sociaux, et surtout comment les y faire réussir ?

Enfin je laisse le lecteur interpréter le fait que les STAPS présentent le plus faible pourcentage d’étudiants dont les parents sont retraités ou inactifs… J’ai quelques hypothèses, certaines sérieuses, d’autres plus cocasses…

[1] Adrien de Tricornot, 160 000 étudiants supplémentaires à l’université en cinq ans, Le Monde, 5 janvier 2018. http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/01/05/160-000-etudiants-supplementaires-a-l-universite-en-cinq-ans_5238072_4401467.html

 

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