Mon parcours

Après avoir réussi le CAPEPS en 1980, j’ai enseigné en établissement scolaire, d’abord au collège de Guérigny (Nièvre), puis au Lycée Talma de Brunoy (91). Ces années ont été essentielles, et j’y ai forgé la plupart des idées et positions que j’ai pu plus tard défendre sur l’Education Physique. On pourra pour mémoire consulter le projet pédagogique que nous avions publié à l’époque (Delignières & Noé, 1989). Cette première phase se termine sur le concours de l’agrégation EPS, que j’ai obtenu en 1987.

Je suis entré à INSEP comme professeur sessionnaire en 1988. Deux années passées à m’initier à la recherche, sur le thème de la perception de la difficulté dans les tâches motrices, sous la direction de Jean-Pierre Famose (voir, par exemple, Delignières & Famose, 1992 ; Delignières, Famose, Thépault-Mathieu & Fleurance, 1993, Delignières, 1993). Parallèlement, j’ai passé un DEA STAPS, en 1990.

En 1990, j’ai pu intégrer le Laboratoire de Psychologie du Sport de l’INSEP. J’y ai travaillé pendant quatre ans, en compagnie de Philippe Fleurance et Jean-Jacques Temprado. J’ai passé ma thèse en 1993, toujours sur le thème de la perception de la difficulté (voir par exemple Delignières & Famose, 1994 ; Delignières, Famose & Genty, 1994, Delignières, 1998). Pourtant ces années de recherche ont été davantage orientées vers les modèles cognitivo-énergétiques, avec notamment l’analyse des effets de l’effort physique sur l’efficacité du traitement de l’information, en collaboration avec Jeanick Brisswalter et René Arcelin (voir notamment Delignières, Brisswalter & Legros, 1994 ; Brisswalter, durand, delignières & legros, 1995 ; Delignières & Brisswalter, 1996 ; Arcelin, Brisswalter & Delignières, 1997).

Parallèlement, j’ai beaucoup œuvré dans le domaine de la préparation aux concours, et notamment l’agrégation interne d’EPS. J’ai notamment travaillé à Créteil, avec André Lapierre, à Orsay, avec Michel Duval, et à la Réunion, toujours avec André Lapierre qui avait entre-temps fait le déplacement. J’ai également participé avec Pascal Duret à l’aventure d’Echanges et Controverses, revue éphémère (5 numéros) vendue sous le manteau dans la frénésie des premiers concours internes en EPS.

J’ai obtenu un poste de maître de conférence à l’UFR STAPS de Montpellier en 1994. J’y ai retrouvé avec plaisir Marc Durand et Marielle Cadopi. Nous avons rejoint une équipe CNRS dirigée par Jean-Francisque Chatillon, et c’est dans ce cadre que j’ai passé mon habilitation à diriger les recherches en 1996. En 1998, nous avons fondé un nouveau laboratoire, l’E.A. 2991 « Sport, Performance, Santé », dirigée par Alain Varray. J’ai obtenu un poste de professeur des universités en 1999. Ce laboratoire a poursuivi son développement et a donné naissance au centre de recherche Euromov, actuellement dirigé par Benoît Bardy. En 2013, j’ai pris la tête d’une des trois équipes de ce laboratoire, intitulée « Complexité et Adaptabilité ».

Mes travaux de recherche depuis mon arrivée à Montpellier ont porté dans un premier temps sur les coordinations motrices et l’apprentissage moteur, du point de vue de la théorie des systèmes dynamiques. J’ai encadré sur ces thèmes les travaux de Déborah Nourrit, Thibault Deschamps, Nicolas Caillou, et Caroline Teulier. Nous avons dans ce cadre travaillé sur les coordinations spontanées des débutants confrontés à des tâches complexes (Delignières, Nourrit, Sioud, Leroyer, Zattara, & Micaleff, 1998; Delignières, Nourrit, Deschamps, Lauriot & Caillou, 1999), et nous avons tenté de caractériser l’évolution des coordinations au cours de l’apprentissage (Nourrit, Lauriot, Deschamps, Caillou & Delignières, 2000 ; Caillou, Nourrit, Deschamps, Lauriot & Delignières, 2002 ; Nourrit, Delignières, Caillou, Deschamps & Lauriot, 2003; Teulier, Nourrit & Delignières, 2006; Teulier & Delignières,2007).

Parallèlement, j’ai engagé une collaboration fructueuse avec Grégory Ninot sur la dynamique de l’estime de soi. Ces travaux ont été initiés vers la fin des années 90, avec la validation française du questionnaire de Fox et Corbin (1989) sur le modèle hiérarchique du soi physique (Ninot, Delignières & Fortes, 2000). Nous avons ensuite validé un questionnaire court destiné spécifiquement au recueil des mesures répétées (Ninot, Fortes & Delignières, 2001). Cet outil nous a permis d’analyser de manière originale l’estime de soi, du point de vue de son évolution temporelle. (Fortes, Delignières & Ninot, 2004, Delignières, Fortes et Ninot, 2004). Ces travaux ont fait l’objet de la thèse de Marina Fortes.

Plus récemment, nous avons engagé une série de travaux sur l’analyse des corrélations sérielles, et notamment les corrélations à long-terme, le bruit 1/f, les fractales. Nous avons à ce niveau travaillé sur quatre axes principaux :

– la mise au point et l’évaluation de méthodes d’analyse des propriétés fractales des séries temporelles (Delignières, Torre & Lemoine, 2005; Torre, Delignières & Lemoine, 2007; Delignières, Ramdani, Lemoine, Torre, Fortes & Ninot, 2006; Marmelat, Torre & Delignières, 2012; Delignières & Marmelat, 2013; Almurad & Delignières, 2016).

– une évaluation critique des théories classiques du contrôle moteur, sous l’angle de la prise en compte des corrélations sérielles : nous avons notamment travaillé à ce niveau sur les processus de timing (Delignières, Lemoine & Torre, 2004 ; Delignières, Torre, & Lemoine, 2008 ; Torre & Delignières, 2008; Delignières & Torre, 2011), sur les coordinations bimanuelles (Torre, Delignières, & Lemoine, 2007; Torre, & Delignières, 2008a), sur la locomotion (Delignières & Torre, 2009), et sur la posture (Delignières, Deschamps, Legros & Caillou, 2003; Delignières, Torre & Bernard, 2011),

– une analyse des relations entre corrélations à long-terme et complexité (Delignières & Torre, 2009 ; Diniz et al., 2011; Delignières & Marmelat, 2013).

– plus récemment , nous avons engagé une série de travaux sur la coordination des systèmes complexes (Marmelat & Delignières, 2012; Delignières & Marmelat, 2014; Marmelat et al., 2014; Delignières et al. 2016).

J’ai continué parallèlement à développer une réflexion sur l’EPS, ses finalités et ses contenus, notamment en collaboration avec Christine Garsault. Nous avons principalement réfléchi à ce niveau à l’intérêt d’une entrée par les compétences en EPS, et à l’éducation citoyenne (Delignières et Garsault, 1993, 1996, 1997, 1999, 2001, 2004; Delignières, 2001 ; 2004, 2009). Mes réflexions actuelles poursuivent cette ligne, notamment dans le cadre des nouveaux programmes de l’Ecole de 2015. On pourra trouver dans le Blog de ce site un certain nombre de billets rendant compte de ce cheminement réflexif.

Les références citées dans ce rapide panorama ne constituent que les jalons essentiels de ma trajectoire. Les pages de ce site contiennent d’autres textes, portant parfois sur des sujets plus latéraux, non évoqués ici.

Après de longues années consacrées exclusivement à la recherche et à l’enseignement, il m’a semblé qu’il était juste de consacrer une partie de mon activité aux responsabilités collectives. Une manière de renvoyer indirectement l’ascenseur à tous ceux qui avaient assuré ces responsabilités avant moi, et qui m’avaient ainsi donné le temps de déployer mes activités d’enseignant-chercheur. J’ai tout d’abord été directeur adjoint de l’UFR STAPS de Montpellier, responsable des formations, de 2004 à 2009, sous la mandature de Marielle Cadopi. J’ai ensuite été élu directeur de l’UFR STAPS en 2010, et réélu pour un second mandat en janvier 2015.

Je me suis également engagé au sein de la Conférence des Directeurs et Doyens d’UFR STAPS (C3D), en tant que vice-président de 2010 à 2013, puis comme président  à partir de 2013. Mon mandat a été reconduit en 2015, puis en 2017. Les principaux axes de travail que nous avons poursuivis durant cette période ont été ciblés sur la cohérence de l’offre de formation dans les métiers du sport et de l’animation (notamment avec des discussions entre Jeunesse et Sports, les branches professionnelles, le mouvement sportif, et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, la reconnaissance des formations en Activité Physique Adaptée dans le cadre de la nouvelle Loi de Santé, et évidemment la gestion des flux étudiants à l’entrée dans les formations STAPS. Nous avons également mis en place un partenariat étroit avec l’ANESTAPS, sur toutes ces questions essentielles.

Je me suis enfin fortement investi dans la vie scientifique de la communauté de STAPS, en étant notamment membre du Conseil d’Administration de la Société Française de Psychologie du Sport (1996-1999), et secrétaire général de l’Association des Chercheurs en Activités Physiques et Sportives (ACAPS) de 2001 à 2007. J’ai été éditeur de la section Sciences Humaines de la revue STAPS de 1999 à 2001, et éditeur principal de la revue Movement & Sport Sciences/Science & Motricité, de 2003 à 2015.

Pour aller plus loin (ou au moins différemment) ? :

   Une interview sur la Pespteam (7 janvier 2008)

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